
Dans la série : Les 7 filières prioritaires dans lesquelles la France pourrait jouer un rôle de premier plan, épisode numéro 2 : Les ENR marines.
Vous connaissez la rengaine, le pic pétrolier arrive, il faut diversifier son mix, et parmi les solutions alternatives…la mer pourrait bien nous aider à passer le cap ! Le potentiel est énorme :
Rien que pour les marées, on estime que l'énergie naturellement dissipée annuellement est évalué à 22 000 TWh soit l'équivalent de la combustion de moins de 2 Gtep. Ce chiffre est à comparer à la consommation d'énergie de l'humanité, de l'ordre de 10 Gtep/an Malheureusement, Seule une toute petite fraction de cette énergie est récupérable et l'énergie marémotrice ne pourra contribuer pour l'avenir que pour une très faible part à la satisfaction des besoins mondiaux
Mais le panel des ENR marines est large, La filière comprend sept
typologies : l’énergie hydrolienne, l’énergie marémotrice,
l’énergie houlomotrice, l’énergie éolienne en mer, l’énergie thermique des
mers, la biomasse marine et l’énergie des gradients de salinité. Nous n’allons
pas passer en revue toutes ces filières, car le blog n’y suffirait
pas.
Bien que certains projets d’envergure aient d’ores et déjà été développés, et que le Premier Ministre ait annoncé le 3 décembre 2009 que la ville de Brest accueillerait au sein de l’IFREMER, la future plate-forme des énergies marines, la filière n’est globalement qu’en émergence, les premiers démonstrateurs de taille industrielle ne sont attendus que vers 2015.
La France comme dirait Charles Trenet a assurément une carte à jouer :
- Une zone maritime immense de 11millions de km², un littoral qui compte 1 948 km de côtes sableuses (35,2 % du linéaire total), et 2 269 km de côtes rocheuses, Pardon messieurs les géographes, j’ai découvert à cette occasion que la longueur totale du littoral des côtes française incluant les territoires d'outre mer n'a jamais été calculée avec précision, cela varie selon le mode de calcul (à cause de l’aspect fractal des côtes très découpées). Si on rajoute, un contexte politique favorable avec le Grenelle de la Mer qui promeut le développement des énergies marines et une expérience certaine dans l’énergie marémotrice (Le barrage de la Rance est le plus grand du monde), cela donne à la France de sérieux atouts
Mais coté faiblesse, il y a aussi de solides arguments :
Un coût encore élevé du câble électrique (0,5 M€/km) engendrant des coûts structurels Importants, un tarif de rachat de l’énergie marine fixé depuis seulement 2007 non incitatif (150 €/MWh pour l’hydrolien) et surtout : Parvenir à résoudre les risques techniques liés à la dureté de l’environnement, tous les gens qui ont un bateau savent à quel point le milieu est rude ! coté recherche, on attend toujours le matériaux miracle qui résistera au sel, au froid, à l’eau…
En matière d’énergie, la tempête s’annonce très rude et il faudra de solides ancrages aux éoliennes de mer pour résister aux intempéries qui s'annoncent à l'horizon !