fin_du_monde_2012.jpg

2012 comme 2001 comportera encore beaucoup de programmes pour prévenir les risques psycho- sociaux au sein des entreprises. Globalement la situation subjective des salariés continue de s'aggraver, les suicides récemment sous le feu de l'actualité, n'ont pas diminué et les pathologies mentales continuent de s'aggraver quantitativement tous les jours, si on écoute la médecine du travail.

Pour l'essentiel, cette souffrance est en lien avec le sentiment de surcharge, les gens travaillent toujours plus de manière concentrée, de plus en plus intensément, de plus en plus longuement dans la journée. Que ce soit le cadre qui amène son portable le week-end à la maison, où l'opérateur de chaîne qui doit prendre en charge les moyens matériels et humains, pour tous ceux la , la charge s'accroît !

Les symptômes, vous les connaissez, Le mal de dos, Les troubles musculo-squelettiques, le dopage des cadres, le suicide, et le fameux "burn out", les insomnies, la dépression... les psycho somaticiens pourraient faire une liste très longue des pathologies en lien avec le stress au travail. Toutes les catégories sociales au sein des entreprises sont concernées.

Comment expliquer ceci ?

Les nouveaux modes d'organisation sont une partie de la réponse, l'infobésité en est une autre. A cause des informations de plus en plus nombreuses qu'il faut intégrer pour assurer sa tâche, dans un univers de plus en plus complexe, où les gens travaillent de plus en plus de façon éparpillés, le nombre d'info à traiter est prodigieux, mails, fax, web, tel...le salarié coordonne en permanence des intérêts privés et pro au fil de sa journée. Ces outils sont récents et sans être les seuls en cause ils contribuent sans doute à expliquer cette situation.

Une autre partie de la réponse met en cause Les nouveaux modes d'organisation au travail : les opérateurs, en permanence sommés de fournir des évaluations, du reporting, ont vu le poids des tâches administratives, tâches de contrôle, multipliés par 3 en l'espace de 10 ans ! la triade infernale : les process, les indicateurs de performance et le réporting vide le travail de son sens et déresponsabilise le travailleur.

Ces nouveaux modes d'organisation du travail ont fait la part belle aux gestionnaires. Les mozarts du process n’ont besoin que de ça, de la donnée et encore de la donnée ! Il faut nourrir toute la machinerie administrative et gestionnaire, fonction de contrôle et de rationalisation . De la mise en ordre , du chiffre, de la donnée, du tangible ! Triomphe absolu de la rationalité et de calcul.

Comme si les chiffres avaient toujours raison ! (la chute de Lehmann aurait pourtant du nous alerter !)

Comme si le chiffre était capable de décrire à lui seul ce que les anciens appelaient "la conscience professionnelle"

Alors, en cette veille de saint Sylvestre, je forme un vœu, que 2012 ne soit pas la fin du monde mais la la fin d'un monde...celui de la rationalité triomphante.